Disparition du vol MH370 : vers l'hypothèse d'un incendie suivi d'une dépressurisation

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Disparition du vol MH370 : vers l'hypothèse d'un incendie suivi d'une dépressurisation
Sécurité aéronautique
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18/3/25 15:22
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Velina Negovanska

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Cela fait maintenant trois ans que le vol MH370 de la Malaysia Airlines a disparu entre la Malaisie et le Viêt Nam. Les données disponibles semblent tellement minces à un public non averti que les scénarios les plus repris par les journalistes sont les plus simples, mais le problème est qu'ils sont faux. L'idée aujourd’hui communément admise, malgré l'absence de preuves, serait un détournement suicide de l'avion par ses pilotes vers la base américaine de Diego Garcia… en approchant de la base, l'avion aurait été abattu par les militaires. Idée reprise dans la quasi-totalité des articles consacrés à cet anniversaire, ainsi que dans le pourtant très sérieux reportage de France 2. Ce scénario, pourtant tentant, est néanmoins **totalement impossible** lorsque l'on analyse les données concrètes et techniques que l'on possède sur le vol. Voici quelques informations fiables qui peuvent expliquer l'accident.

1) Le début du vol

Le Boeing 777 décolle de Kuala Lumpur le 8 mars 2014 à 00h41 (heure locale) à destination de Pékin avec 239 personnes à son bord. Le vol se déroule normalement jusqu'à l'arrivée sur la frontière aérienne entre la Malaisie et le Viêt Nam. C'est à ce moment que les systèmes de communication de l'avion sont coupés et que les pilotes ne répondent plus aux sollicitations radios, rendant l'avion invisible aux contrôleurs aériens civils… Après plusieurs jours de recherches infructueuses sur les lieux de la disparition présumée, les radars militaires révèlent que l'avion a réalisé un virage vers la gauche en suivant la frontière aérienne, puis qu'il aurait remonté le détroit de Malacca. Les recherches sont donc décalées vers cette nouvelle zone.

Évolution de la trajectoire de l'avion entre les 1ères et 3e versions des données des radars militaires
Évolution de la trajectoire de l'avion entre les 1ères et 3e versions des données des radars militaires.

Mais un élément est troublant : l'un des systèmes de communication de l'avion a continué à répondre aux sollicitations du satellite pendant plus de six heures après sa disparition… Pour faire simple, c'est comme si votre téléphone portable était interrogé toutes les demi-heures par le réseau pour vérifier qu'il est toujours dans la zone. Dans le cas de l'avion, cela ne donne pas vraiment d'indications de position puisque la couverture du satellite va de la France jusqu'à l'Australie, mais la fréquence des émissions envoyées par le MH370 est riche en données.

Chaque ping satellite permet de tracer un arc de cercle révélant la distance avion-satellite
Chaque ping satellite permet de tracer un arc de cercle révélant la distance avion-satellite, ne laissant qu'une trajectoire possible vers le sud de l'Océan Indien.

L'évolution de la fréquence des pings (BFO), la variation du temps de retour des réponses (BTO) et l’intensité du signal permettent de déterminer les distances entre le satellite et l'avion à chaque ping. Il en résulte des arcs de cercle comme sur la carte ci-contre… Il n'existe qu'une seule trajectoire possible pour un avion en vol : une ligne droite vers le sud de l'Océan Indien, au large de l'Australie. L'avion s'est donc éloigné à chaque ping de la base américaine : il n'a pas pu y être abattu !

2) Les observations de débris

Entre le 16 et le 26 mars, deux champs de débris (dont plusieurs de plus de 20 m) espacés de 120 km sont observés par imagerie satellite. Un satellite français d'imagerie radar détecte 122 échos en un seul passage le 20 mars, tandis qu'un avion de patrouille maritime enregistre des images infrarouges lors d'un vol de nuit. Mais ces recherches, pourtant fructueuses, sont stoppées le 25 mars pour être réorientées vers une zone où un bateau aurait entendu le signal d'une boîte noire… Après plusieurs jours sur cette fausse piste (deux bateaux de recherche se seraient détectés l'un l'autre), impossible de retrouver les débris flottants. Une analyse réalisée par des spécialistes chinois indique que la zone d'origine de ces débris pourrait se trouver à la position 45.30S, 85.30E.

Si les débris sont bien ceux du MH370, leur dérive inverse permet de situer le crash
Si les débris sont bien ceux du MH370, leur dérive inverse permet de situer le crash, incluant cette zone dans les recherches sous-marines.

6) Et maintenant ?

Les recherches sous-marines ont cessé, aucun élément suffisamment crédible ne permettant aux enquêteurs de les poursuivre ailleurs… jusqu'à récemment ! Les travaux d'une équipe de sismologues du MIT ont révélé que certains sons détectés sous l'eau pourraient correspondre à l'impact de l'avion avec la mer. Ces signaux suivent un axe qui croise exactement une des zones de débris flottants repérés au début des recherches, à proximité du 7e arc.

Infographie de Simon Gunson montrant l'axe des sons détectés, croisant la zone des débris
Infographie de Simon Gunson montrant l'axe des sons détectés, croisant la zone des débris.

Mise à jour de juin 2018 :

Voici un débat sur l'état des lieux 4 ans après :

Ces données sont une compilation des informations structurées par les groupes de recherche sur le MH370, notamment par Simon Gunson. De nombreuses autres hypothèses existent, mais aucune autre n'explique **l'ensemble des données techniques collectées**.

Cet article s'éloigne un peu du sujet principal du blog, mais des questions sur la disparition du MH370 reviennent régulièrement lors des stages contre la peur de l'avion. **N'hésitez pas à commenter l'article si vous avez des questions !**

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